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  • Florouv

Aujourd'hui, c'est interview!

J'ai été marquée par cet échange avec Marie de Hennezel dans La Croix. Elle y parle d'âgisme, de choix, de civisme, d'envies...


Je vous laisse découvrir :


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Marie de Hennezel :



Dans les Ehpad, « la peur du Covid génère des comportements inhumains »


Spécialiste des problématiques liées au « grand âge », la psychologue Marie de Hennezel s’indigne du retour des restrictions aux visites dans les Ehpad. Le « Conseil national autoproclamé de la vieillesse », dont elle fait partie, plaide pour que les droits des résidents soient mieux respectés.


Propos recueillis par Antoine Oberdorff, pour la Croix.



La Croix : Dans une tribune, parue dans Le Monde le 21 décembre, vous dénoncez le fonctionnement actuel des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) qui méconnaîtrait selon vous le droit des résidents. Qu’entendez-vous par là ?

Marie de Hennezel : C’est tout le système des Ehpad qui est en cause. On ne peut pas prétendre que les personnes âgées sont chez elles, qu’elles exercent pleinement leurs droits civiques alors que des mesures liberticides sont prises, sans jamais tenir compte de leur opinion. Dans l’essai que j’ai publié après le premier confinement, je dénonçais « cette folie hygiéniste qui, sous prétexte de protéger les personnes âgées, impose des situations proprement inhumaines ».


Aussi longtemps que les directeurs d’établissement seront responsables pénalement, les décisions seront prises sous le commandement de la peur. Or la peur génère des comportements inhumains. Il y a une frontière claire entre des directeurs d’Ehpad qui préfèrent se couvrir et appliquer scrupuleusement les consignes et d’autres qui prennent des risques pour sauver leur humanité. C’est un dilemme éthique.


La réintroduction des restrictions d’accès au public dans les Ehpad n’est-elle pas justifiée par la cinquième vague épidémique ?

M. d. H. : Maintenant que la couverture vaccinale dans les Ehpad est assurée, les interdictions des droits de visite n’ont plus aucun fondement. Les visiteurs qui entrent dans l’établissement présentent un passe sanitaire, au même titre que le personnel soignant.

Le seul motif impérieux est de préserver le lien social et affectif, tout en continuant à prendre des précautions. Il est urgent de cesser de surprotéger la vie biologique au détriment de toutes les autres dimensions de la vie. Les « vieux » sont parfaitement capables de dire quelles sont leurs priorités, s’ils préfèrent voir leur entourage ou prendre des mesures pour se protéger. À 90 ans, on peut légitimement préférer voir ses enfants et petits-enfants au risque d’en mourir.

Il existe une instance censée préserver le dialogue entre les résidents des Ehpad, leur famille et la direction : le Conseil de la vie sociale (CVS). Aujourd’hui, cette instance est exsangue alors qu’elle devrait permettre de légitimer les décisions qui concernent la vie de l’établissement par la concertation.


Vous êtes membre du tout nouveau Conseil national autoproclamé de la vieillesse (CNAV). Quelles mesures concrètes souhaitez-vous obtenir, de la part des candidats à la présidentielle notamment ? M. d. H. : Aucun des candidats à l’élection présidentielle ne porte un discours en direction des personnes âgées. C’est symptomatique de l’âgisme qui touche nos dirigeants, quel que soit leur parti politique. Il y a une équivalence non seulement fausse, mais perverse, qui s’est installée au cours de cette crise sanitaire entre l’âge et la fragilité. La réalité, c’est que certains « vieux » sont robustes, tandis que des jeunes sont fragiles. J’ai 75 ans et, si je suis signataire de cette tribune du Conseil national autoproclamé de la vieillesse, c’est aussi parce que nous voulons faire entendre la voix de toute une génération de baby-boomers qui va entrer dans le grand âge au cours des dix prochaines années. Nous ne supporterons pas que l’on décide à notre place. De même que nous n’accepterons pas de représenter une charge pour nos enfants. Nous voulons faire de l’expérience de la vieillesse une expérience heureuse et féconde.



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Le projet de La RouVilla trouve alors tout son sens !



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