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  • Florouv

Aujourd'hui, je vous parle à nouveau de Fragilité des personnes âgées et de l'OMS.

via un programme de dépistage inédit dans le monde


Parce que le vieillissement est un constat mondial, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) prévoit le déploiement d'un plan de prévention sur le sujet.


A ce titre, je vous propose de lire l'interview du Professeur Bruno Vellas , Gériatre au CHU de Toulouse (rencontre et interview rédigée par la SFGG). Le mot « fragilité » est un terme courant dans la vie de tous les jours, mais en gériatrie il prend un sens tout particulier pour les scientifiques. Sont considérées comme fragiles les personnes âgées vulnérables d’un point de vue médical et social. Ces personnes âgées sont en proie à des risques, dans un avenir plus ou moins proche : celui d’un déclin fonctionnel, de chutes, de fractures ou d’hospitalisations conduisant à la dépendance. L’enjeu de la discipline gériatrique est d’en prévenir le risque en limitant le nombre de personnes fragiles. Le dépistage et la prise en charge de cet état de pré-dépendance est une priorité de santé publique. Le 6e congrès "Fragilité du Sujet Âgé", organisé les 5 et 6 avril dernier sous l’égide de l’Agence Nationale du DPC et de la SFGG, fut l’occasion de faire le point sur l’état de la fragilité en France et dans les pays francophones et de dévoiler, pour la 1ère fois, le plan de prévention déployé par l’OMS dans 78 pays. La France sera pionnière puisqu’elle sera le 1er pays à implémenter ce programme. Rencontre avec Bruno Vellas, gériatre, Coordonnateur du Gérontopôle de Toulouse, Chef de service du département de médecine interne et de gériatrie du CHU de Toulouse et organisateur du congrès.


  1. Quelle est la préoccupation première en matière de bien vieillir ?

Le vieillissement de la population que connaît notre société, couplé à l’augmentation des maladies chroniques, incitent les professionnels du secteur à faire évoluer le système de santé. Désormais il faut prendre en considération la notion du « maintien des capacités fonctionnelles ». Vieillir en bonne santé, ce n’est pas ne pas avoir de maladies (car il y a des maladies à tous les stades de la vie), c’est continuer à faire ce qui est important pour chacun d’entre nous le plus longtemps possible. 2. Quels sont les sujets prioritaires de recherche des gériatres et gérontologues aujourd’hui ? La gérontologie s’est en premier lieu orientée vers les personnes âgées en situation de perte d’autonomie puis s’est intéressée à la fragilité. Aujourd’hui, notre discipline évolue. Sous l’impulsion de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la communauté gériatrique s’intéresse encore plus en amont à la prévention de la dépendance. Il ne s’agit plus désormais d’identifier des personnes âgées fragiles mais de prévenir la fragilité en mesurant les capacités intrinsèques des séniors. 3. Quel est le programme de l’OMS sur le maintien de l’autonomie ? En exclusivité mondiale, le programme de l’OMS axé sur la prévention de la dépendance a été présenté à l’ensemble des professionnels de santé lors de notre congrès. L’objectif est de diminuer de 15 millions de personnes le nombre de personnes dépendantes dans le monde d’ici 2023. La communauté gériatrique internationale s’engage à agir pour un vieillissement en bonne santé dans tous les pays, à développer des environnements adaptés aux personnes âgées et à faire évoluer les systèmes de santé en fonction des besoins des personnes âgées. L’objectif partagé par tous est de maintenir la capacité fonctionnelle qui permet le bien-être à un âge avancé. 4. Sur quel outil repose ce programme ? Pendant longtemps le médecin donnait ordres et conseils relatifs à l’alimentation, aux comportements, etc. Maintenant, la relation s’est modifiée : elle repose sur un mode participatif. Il faut demander au patient quel est son objectif et comment l’accompagner pour qu’il continue à faire ce qui est important pour lui (par exemple, conduire, rester chez soi ). Le rôle du gériatre s’en trouve enrichi : il va personnaliser la pratique de sa médecine au patient. Grâce à des indicateurs très précis il va être en mesure de dépister très tôt une personne âgée en perte d’autonomie et lui proposer une médecine adaptée pour lui permettre de vieillir dans les meilleures conditions. 5. Concrètement comment ce programme fonctionne-t-il ? Le but est que chez tout individu, dès l’âge de 55-60 ans, soit dépisté un état de fragilité. Pour cela, deux étapes : la 1ere, un outil très simple pouvant être réalisé par tout professionnel de santé consiste à mesurer les 5 capacités intrinsèques déterminantes : la mobilité, la vitalité, la capacité neurosensorielle (la vue et l’ouïe), le bien-être psycho-social, la cognition (orientation temporelle et mémoire) et la locomotion (vitesse de marche). Dès qu’une capacité intrinsèque décline ou fait défaut un signal d’alerte, avec appréciation précise, est lancé. S’enclenche alors la 2e étape avec la mise en place d’un plan de soin adapté et personnalisé après avoir identifié grâce à la médecine de précision les causes de cette perte des capacités intrinsèques. 6. Quel est le rôle et la place de la France dans ce programme ? Le rôle de la France dans le programme de l’OMS sur le dépistage de la fragilité est primordial. Un centre collaborateur de l’OMS situé à Toulouse permet à la France d’être le premier pays au monde à mettre en place ce dispositif. Tout le monde, médecins, gériatres, infirmiers et tous les professionnels de santé en contact avec les personnes âgées, doit s’approprier cet outil. J'invite chaque membre de la SFGG à être un ambassadeur de ce programme. La France est et sera le leader sur le plan international dans ce domaine.


oms-le-droit-de-vieillir-en-bonne-santé.pdf (sfgg.org)

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