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Vous n'avez pas pu passer à côté du livre "les Fossoyeurs" et du malaise qu'il crée...

Le livre reste difficile à trouver en librairie et est en réimpression. Je comptais pouvoir le lire avant de vous en faire mon retour... mais mon fournisseur tarde à l'obtenir...

Alors je vous propose ce résumé par France Info: Les neuf actes de la polémique après les révélations du livre "Les Fossoyeurs"


De la publication des bonnes feuilles de l'enquête journalistique de Victor Castanet à la convocation des dirigeants par la ministre déléguée à l'Autonomie, retour sur une semaine de tourmente pour le groupe privé de maisons de retraite.



Le livre "Les Fossoyeurs", de Victor Castanet, photographié à Paris le 1er février 2022. (BERTRAND GUAY / AFP)


Les dirigeants d'Orpea, dans la tourmente depuis la parution d'une enquête journalistique qui dénonce les conditions d'accueil dans leurs Ehpad, ont été convoqués, mardi 1er février, par Brigitte Bourguignon, la ministre déléguée chargée de l'Autonomie. Franceinfo vous résume la tempête provoquée depuis une semaine par les révélations du livre Les Fossoyeurs.

1 Un livre révèle des conditions d'accueil déplorables en Ehpad

Les premiers extraits du livre-enquête Les Fossoyeurs (Fayard), de Victor Castanet, sont publiés lundi 24 janvier dans Le Monde. Dans cet ouvrage, fruit de trois ans d'enquête et de 250 témoignages, le journaliste indépendant décrit un système où les soins d'hygiène, la prise en charge médicale et les repas des résidents des Ehpad du groupe Orpea sont parfois "rationnés", du fait d'une "politique de réduction des coûts" visant à améliorer la rentabilité. Le groupe Orpea, qui compte 65 500 collaborateurs dans 23 pays, revendique 372 établissements en France, dont une grande majorité de maisons de retraite. Or, ces dernières, même privées, bénéficient d'importants financements de l'Etat et des conseils départementaux, souligne l'auteur, en appelant les autorités à revoir les modalités de contrôles des grands groupes du secteur. Le même jour, un article de Mediapart accuse par ailleurs la direction de l'entreprise d'irrégularités dans le recrutement de ses salariés en CDD. Orpea aurait fait signer des contrats courts au motif de remplacement de collaborateurs en CDI, qui, "dans bien des cas, n'existeraient pas".

2 Le cours de l'action Orpea s'effondre

Ces révélations ont un effet immédiat sur le cours de l'action du groupe. Dès lundi 24 janvier, le titre Orpea à la Bourse de Paris dévisse de plus de 16%, avant que sa cotation ne soit suspendue pour 24 heures, à la demande de la direction. Une semaine après le début de la polémique, le titre a perdu près de la moitié de sa valeur. Les titres d'autres gestionnaires privés de maisons de retraite ont également fait les frais de cette polémique, comme Korian (-6% entre le 23 janvier et le 1er février), le premier groupe d'Ehpad privés en France.

3 L'entreprise dément fermement

L'entreprise dément en bloc les accusations du livre et de Mediapart et déplore une "volonté manifeste de nuire". Selon le directeur général du groupe, Yves Le Masne, les témoignages rapportés dans Les fossoyeurs émanent d'une minorité d'anciens collaborateurs de l'entreprise, qui auraient nourri une "rancœur" après l'avoir quittée. Orpea assure par ailleurs avoir saisi ses avocats pour donner "toutes les suites [à cette affaire], y compris sur le plan judiciaire".

4 Le gouvernement ordonne une enquête administrative dans un établissement du groupe

Dès le lendemain, le ministre de la Santé, Olivier Véran, assure à l'Assemblée nationale avoir "demandé à la ministre déléguée en charge de l'Autonomie, Brigitte Bourguignon, de saisir immédiatement le groupe Orpea, de manière à ce que des réponses puissent être apportées". "A la lumière de ses conclusions, je verrai s'il y a lieu de diligenter une enquête de l'inspection générale sur l'ensemble du groupe", ajoute-t-il, mardi. Mercredi, Brigitte Bourguignon fait savoir sur RMC qu'elle "convoque la direction d'Orpea pour des explications". Elle annonce par ailleurs "demander à l'administration une enquête flash", c'est-à-dire rapide, concernant le groupe. Dès jeudi, la résidence Les Bords de Seine, à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), particulièrement pointé du doigt dans l'enquête de Victor Castanet, est visé par cette enquête exigée par l'Agence régionale de santé (ARS) d'Ile-de-France et le conseil départemental des Hauts-de-Seine, qui financent chacun une partie de l'activité des Ehpad. Selon le témoignage d'une salariée, les inspecteurs de l'ARS étaient nombreux, ont mené de multiples auditions et saisi des documents. On apprend, lundi 31 janvier, que cette même résidence est par ailleurs visée par une enquête préliminaire ouverte en 2020 par le parquet de Nanterre, après un dépôt de plainte pour des faits d'homicide involontaire concernant une résidente.

5 Le directeur général d'Orpea est limogé

Le groupe privé, qui continue de rejeter en bloc ces accusations, tente d'éteindre la polémique en limogeant, dimanche 30 janvier, son directeur général depuis plus de dix ans, Yves Le Masne. Le président non exécutif du conseil d'administration du groupe depuis mars 2017, Philippe Charrier, lui succède, annonce un communiqué. Il aura notamment pour mission de "faire toute la lumière sur les allégations avancées" en s'appuyant sur une "mission indépendante d'évaluation", confiée à "deux cabinets de premier plan", toujours "en cours de désignation".

6 Une action collective de familles de résidents va être lancée

Lundi 31 janvier, l'avocate Sarah Saldmann annonce sur franceinfo le lancement début mars d'une "action collective conjointe" de familles de résidents en colère. En portant plainte simultanément, celles-ci "entendent faire nombre, avoir du poids face à un géant", explique-t-elle, même si chaque plainte sera autonome. Selon les dossiers, il pourra s'agir d'une plainte pour "homicide involontaire, mise en danger délibérée de la vie d'autrui, violence par négligence" ou "non-assistance à personne en danger", détaille-t-elle.

7 Le secteur des Ehpad privés réagit

Le même jour, le Synerpa, principal syndicat des Ehpad privés, réagit à la polémique et assure que le secteur "n'a rien à cacher" et est même demandeur d'une multiplication des contrôles. "Cette crise met en avant la nécessité de revoir urgemment les systèmes de contrôle et d'évaluation de la qualité en Ehpad", souligne lors d'un point-presse la déléguée générale du Synerpa, Florence Arnaiz-Maumé. L'organisation professionnelle va par ailleurs se doter prochainement d'une commission d'élaboration d'une "charte éthique", précise cette responsable, pour qui les dysfonctionnements évoqués dans le livre, "s'ils sont avérés, sont condamnables". "Ce qui est dit dans ce livre (…) est aux antipodes de ce que les autres acteurs du secteur, en tout cas ce qui se passe chez moi, font au quotidien", assure par ailleurs sur franceinfo Sophie Boissard, la directrice générale du groupe Korian.

8 Orpea promet de faire "toute la lumière" sur les faits dénoncés

Alors qu'elle niait jusque-là en bloc, l'entreprise publie mardi 1er février un communiqué d'une pleine page dans Le Parisien, pour affirmer qu'elle compte faire "toute la lumière" sur les faits allégués. "Des manquements peuvent exister", mais "soyez assurés que partout, toujours, dès que nous avons connaissance d'un dysfonctionnement, nous prenons toutes les dispositions pour y remédier", assurent les dirigeants du groupe. Cette "lettre aux familles", destinée à les "rassurer", doit être publiée mercredi dans la plupart des journaux régionaux.

9 Une convocation chez la ministre et deux nouvelles enquêtes ordonnées

Le directeur général pour la France, Jean-Christophe Romersi, et le nouveau PDG, Philippe Charrier, sont convoqués, mardi 1er février, par la ministre de l'Autonomie, Brigitte Bourguignon. "On ne va pas se contenter des explications lors d'un rendez-vous à une convocation", avertit, peu avant leur arrivée, la ministre sur France Inter. Cette dernière annonce par ailleurs le lancement de deux enquêtes : une administrative, de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) et l'autre financière, de l'Inspection générale des finances (IGF). "De plus, toutes les agences régionales de santé (ARS) iront voir tous les établissements de ce groupe", ajoute-t-elle. L'ouverture d'une double procédure visant un groupe d'Ehpad privé dans son ensemble "est une première, parce qu'il faut taper fort pour montrer qu'on ne fait pas n'importe quoi" dans ce secteur, "une activité lucrative mais qui ne doit pas l'être au détriment de la bientraitance", juge la ministre. Interpellé sur cette affaire mardi après-midi à l'Assemblée nationale, le Premier ministre témoigne son soutien aux résidents et aux familles "qui ont été victimes de ces agissements". "Notre vigilance doit s'appliquer à tout le monde, ce qui suppose plus de contrôles", déclare Jean Castex devant les députés. "Nous allons aussi revoir les procédures d'accréditation de ces établissements." "Nous sommes très heureux d'avoir ces inspections et ces contrôles", réagit pour sa part le nouveau PDG d'Orpea, Philippe Charrier, qui annonce par ailleurs que son groupe envisage de porter plainte contre l'auteur du livre, le journaliste Victor Castanet.


Néanmoins, au- delà de cette affaire politico-sociéto-financière, nous, porteur de projet individuel, nous avons déjà fait le constat que la place de la vieillesse dans la société ne peut pas perdurer ainsi. C'est pourquoi, nous tentons d'apporter notre pierre à l'édifice.

Vive les projets à taille humaine!

Vive la RouVilla.


Et regardez ce que dit l'association Petits frères des pauvres :

L’association Petits frères des pauvres plaide pour "des structures à taille humaine", dans les villes, et avec plus de personnel


Yann Lasnier, délégué général de l’association Les Petits Frères des pauvres, invite à recréer des structures à taille humaine, avec des taux d'encadrement corrects.


"L'Ehpad doit évoluer mais l'Ehpad bashing n'est pas la bonne réponse aujourd'hui", a indiqué Yann Lasnier, délégué général de l’association Petits frères des pauvres, qui gère depuis 1993 plusieurs "petites unités de vie", des maisons d’une vingtaine de pensionnaires. Selon lui, "la clé c'est avant tout le personnel". "La solution c'est de recréer des structures à taille humaine, avec un taux d'encadrement correct", "au plus près des personnes, dans leur quartier, dans la ville qui est la leur", a-t-il résumé.


Face aux nombreux témoignages de souffrance dans les Ehpad, diriez-vous qu'il y a un problème de société qu'on n'a pas voulu voir ?

Yann Lasnier : La question de la dépendance devrait être un vrai sujet, surtout en période électorale. Mais, malheureusement, malgré des chiffres connus par les politiques, malgré cette transition démographique qui est devant nous, la question du vieillissement n'est pas un sujet, alors que les 75-84 ans vont être 50% de plus d'ici à 2030. Il faut s'y préparer car nous avons devant nous une nouvelle génération de personnes âgées qui arrive, cette génération qui est née après-guerre et qui a d'autres aspirations.

Faut-il mettre fin aux Ehpad privés ?

L'Ehpad doit évoluer mais l'Ehpad bashing n'est pas la bonne réponse aujourd'hui. Il faut agir à deux niveaux, premièrement il faut être capable d'adapter la ville, construire du logement adapté au vieillissement. Et au moment où la perte d'autonomie se présente, les établissements doivent pouvoir évoluer. Ensuite, c'est comme dans toute activité humaine de service à la personne, la clé c'est avant tout le personnel et le nombre de personnes que vous mettez en face des résidents. Aujourd'hui, les maltraitances qui deviennent institutionnelles, qui mettent les soignants en souffrance, c'est d'abord un problème de nombre de personnes, et c'est là-dessus qu'il faut investir.


Que faut-il faire, selon vous ?

La solution c'est de recréer des structures à taille humaine, avec un taux d'encadrement en termes de personnel qui soit correct et plus important qu'aujourd'hui. On a choisi, souvent pour des questions foncières de prix de terrain, de prix de l'immobilier, de construire des Ehpad en dehors de la ville alors qu'on sait que les personnes quand elles vieillissent sont de plus en plus attachées à leur environnement, à leur quartier. Il faut pouvoir construire des solutions au plus près des personnes, dans leur quartier, dans la ville qui est la leur, c'est vraiment ça la solution. Aux Petits frères des pauvres, dans nos petites unités de vie, nous avons aussi tout un écosystème humain, avec des bénévoles, des volontaires, qui forment une communauté. Cela permet d'avoir de la vie qui entre dans ces établissements et pas des établissements qui vivent en autarcie refermés sur eux-mêmes.


A la lecture des mots de Yann Lasnier, j'en suis convaincu: La RouVilla est sur le bon chemin!


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